Des vanités du XVIIème aux cabinets  de curiosités du XVIIIème siècle, ce travail plastique pictural interroge les notions de Temps et de Nature.
        Le médium très liquéfié est employé comme métaphore de l'élément Eau. 
        L'intervention minimale créative se résume à une goutte d'eau lâchée sur un papier.
        Ne cherchant nullement à copier la nature, de part des jeux de juxtaposition, de superposition ou de décalage, des images se révèlent occupant l'entière surface du papier. On pense alors à l'assemblage des molécules ou des atomes, aux caryotypes, aux séquençages neuronales, à de nouvelles espèces animales ou végétales, aux minéraux...
        Le temps s'inscrit par deux systèmes : l'un actif, l'autre passif.


Système actif : Le temps passé à peindre.

        Par le biais d'un patron, un marquage à la mine de plomb est tracé sur un papier créant un dessin au point.
        Le papier, plus ou moins humidifié, est posé sur un support à l'horizontale.
        Chaque point représente une cible sur laquelle une goutte de peinture est lâchée.
        La goutte, s'étalant, est contenue par la suivante et réciproquement, occupant ainsi toute la surface disponible en système de juxtaposition ou de superposition.
        La rapidité d'exécution, l'ininterruption du geste, l'hygrométrie du papier, la température et la forme physique de l'intervenant déterminent, entre autre, le résultat.
        La date et le nombre de points réalisés nomment l'œuvre.
        Ces "peintures performances" suggèrent des mandalas dont on aurait gardé la trace. L'action se doit d'être réalisée dans un vecteur temps linéaire (l'action se déroule sans discontinuité et ce jusqu'à douze heures d'affilées).


Système passif : L'empreinte du temps qui passe.

        Un papier, tendu sur un châssis, est posé au sol.
        Un volume d'encre est versé en son centre.
        Le châssis, le papier, la quantité d'encre et le temps d'évaporation déterminent la forme de la tâche.
        Il n'y a plus qu'à attendre.
        Le séchage demandera plusieurs jours ou plusieurs semaines selon les saisons, créant des courbes de niveaux plus ou moins importantes.
        Chaque jour, les températures de l'atelier (la plus basse et la plus haute) sont enregistrées.
        La tâche d'encre sèche, un nouveau papier lui succède.
        Cette expérience s'est déroulée du 23 juillet 2013 au 8 août 2015. Vingt cinq empreintes ont été obtenues.



Voici les cinq premières empreintes du temps qui passe.
- Papier tendu sur châssis, encre de chine, (100x100cm)-

                                                
                                           

                                                

                           


Ci-dessous d'autres œuvres concernant "le temps passé à peindre".
- Acrylique sur papier, (50x50cm, 63x63cm, 100x100cm)-